Codes (règles) parasismiques
Les codes parasismiques regroupent les règles normales de bonne construction, mais également des règles spécifiques aux types de bâtiments et aux situations géographiques. La plupart des pays exposés aux risques sismiques possèdent un code précis, applicable à toute construction à risque normale. Mais les codes sont variables d'un pays à un autre, selon le niveau technologique : certains pays comme la France disposent de prescriptions techniques précises destinée à protéger de manière plus complète les ouvrages.
Le but premier de ces codes n'est pas la protection individuelle des bâtiments, mais privilégie le résultat global face à un séisme d'intensité donnée par les pouvoirs publics.
Le premier code parasismique est évidemment apparu au Japon au début des années 20. Ce code s'est révélé efficace lors du séisme de la région du Kanto en 1923, qui était de magnitude 8.2 : les bâtiments le respectant se sont relativement bien comportés. En Californie, le premier code parasismique a vu le jour en 1933.
De nos jours, les codes parasismiques sont un compromis entre le prix de revient et le risque sismique. En effet, le coût de la protection sismique augmente avec l'intensité du séisme contre lequel on essaie de se protéger, on essaye donc d'avoir le meilleur rapport pour une protection économiquement et psychologiquement acceptable par la société. Il va de soi que les architectes est ingénieurs sont libres de choisir leur degré de protection et que les codes ne fixent qu'un minimum requis de protection.
Chaque code contient des recommandations pour la conception architecturale (forme et structure) ainsi que les dispositions particulière de la région a tel matériau ou tel procédé de construction, mais surtout des règles de calculs, concernant les forces, les limites de déformations imposées, etc.
Plusieurs règles existent, dont les règles PS 69/82 qui étaient encore en vigueur en 1995, mais les plus importantes à ce jour sont les PS 92. Voici un résumé de ces règles.
Les règles PS 92 (norme P 06-013)
Ces règles intègrent les dernières connaissances en matière de génie parasismique, en regroupant les règles PS 69/82 couplées aux recommandations AFPS 90 et à de nouvelles données. C'est le code le plus complet actuellement, puisqu'il est bien plus étendu et détaillé sur des problèmes comme la liquéfaction des sols, etc.
Ces règles classent les différents sols pour leurs attribuer des limites de déformations des bâtiments, en imposant des règles de calculs précises. Elles prennent également en compte l'importance de la distance des bâtiments par rapport à leur déformation probable.
Le cadre réglementaire français utilise les règles PS 92 citées ci dessus. Elles doivent ou non être appliquées selon le type de construction :
Constructions neuves.
Les ouvrages à risque normal sont repartis en 4 classes, allant de la classe A, qui contient les ouvrages dont la défaillance ne présente qu'un risque minime pour les hommes ou l'économie, à la classe D qui regroupe les bâtiments dont le fonctionnement constitue une nécessité pour la sécurité civile, la défense et la stabilité de l'économie.
Pour ces ouvrages, il existe un arrêté français daté du 16 juillet 1992 qui rend obligatoire l'application des règles en vigueur, c'est à dire les règles PS 92 résumées ci-dessus, pour toute nouvelle construction à risque normal classé B, C ou D.
C'est dans cet optique que ce décret divise le territoire français en 5 zones par ordre croissant de sismicité : zones 0, Ia, Ib, II, III. Les ponts doivent quant à eux se plier aux règles de l'Eurocode 8. Il est à noter que les ponts construits sur des fondations existantes sont considérés comme nouveaux et doivent donc appliquer les règles du code français.
Les ouvrages à risque spécial font l'objet d'études au cas par cas, et les règles PS 92 ne sont donc pas applicables ici, puisqu'elles privilégient la sécurité globale plutôt qu'individuelle des bâtiments.
Bâtiments existants.
Aucun texte réglementaire général n'existe dans ce domaine. Cependant des mesures préventives peuvent être appliquées dans les zones à risques importants. Les travaux mis à la charge des propriétaires ne doivent pas excéder 10% de la valeur totale du bien.
Le Groupe d'études et de propositions pour la prévention du risque sismique en France (GEP) propose que tout bâtiment existant faisant l'objet de travaux soit dès lors considéré comme neuf, et donc soumis aux règles en vigueur sur l'ensemble de la construction. Plus concrêtement, on distingue les bâtiments subissant une extension ou une surélévation, ainsi que ceux faisant l’objet d’un réaménagement, notament dans le but de recevoir du public. Cette réforme peut éventuellement épargner les constructions que l’on agrandit en reconstruisant une nouvelle structure annexe reliée par exemple par des joints parasismiques.
La loi française prévoit aussi l’éventuelle interdiction ou réglementation des constructions de certains types de bâtiments sur des terrains à risques : ce sont les Plans de Préventions des Risques naturels prévisibles (PPR).