Prédiction

En observant une carte de répartition des séismes, il apparaît clair que le risque sismique varie selon les régions. Suivre la position d'une faille avec précision devient difficile avec l'urbanisation croissante des régions, mais heureusement, la majeure partie des séismes a lieu en mer ainsi qu'à de grandes profondeurs ; comme les ondes sismiques s'atténuent avec la distance à parcourir, les risques sont la plupart du temps négligeables. Les séismes superficiels et continentaux sont donc les plus a craindre.

Evaluer le risque se fait en plusieurs étapes :

•  localisation des failles actives : la cartographie précise des failles actives est faite à partir de données satellites ou aériennes.

Magnitude

Longueur de la rupture

Glissement moyen
Durée de la rupture
9
800 km
15 m
250 s
8
200 km
5 m
60 s
7
50 km
1 m
15 s
6
10 km
20 cm
3 s
5
3 km
5 cm
1 s
4
1 km
1 cm
0,3 s

•  Connaître la ségmentation des failles : c'est essentiel ; grâce à la longueur d'un segment, il est possible de déterminer la magnitude maximale d'un tremblement de terre en ce lieu : ce séisme est dit caractéristique à ce segment (tableau ci-contre). Cependant, les grandes failles comme celle de San Andreas en californie (1000km) ne sont pas continues sur toute leur longueur. Ces failles sont donc divisées par portions ou segments, et ceci à chaque fois que la faille change radicalement de direction.

•  Déterminer la vitesse moyenne des failles actives et le temps de récurrence moyen entre les séismes caractéristiques : cette partie est la plus délicate, du fait du manque d'informations disponibles. Les chercheurs doivent donc constamment aller sur le terrain après les séismes pour essayer d'élucider ce mécanisme.

Cependant il est à l'heure actuelle impossible de prédire correctement un séisme. Il s'agit essentiellement d'un travail d'observation, sur plusieurs plans distincts. Tout d'abord sur le plan géologique:

- l'évolution de la sismicité locale et autres attributs des sols: le nombre et la fréquence des secousses de faible importance augmentent avant un séisme majeur. Les sols peuvent aussi être légèrement déformés. Les champs magnétiques sont également surveillés, notamment pour la méthode van.

- les nappes phréatiques : le régime des eaux souterraines est en général perturbé par les activités sismiques. Le débit des sources et le niveau d'eau des puits varient. La température, la composition chimique et le radioactivité de l'eau changent également. Elle devient boueuse et chargée de radon (gaz inerte, sensible aux changements de conditions physiques survenus en profondeur, qui peut donc émaner avant un séisme important).

Mais l'existence de telles anomalies ne se termine pas toujours par un séisme, la prédiction de celui-ci est donc très aléatoires.

D'autres phénomènes, bien que n'ayant pas la rigueur des mesures instrumentales, peuvent constituer des indications annonçant un tremblement de terre. par exemple la migration de séismes le long d'une faille tectonique augmente la probabitilité d'un tremblement de terre sur les régions situées sur la même faille et qui sont restées calmes depuis longtemps. Une quantité d'énergie de déformation considérable peut s'y être accumulée en attendant d'être liberée à son tour. On dit que ces zones présentent une lacune de sismicité .

De même, les scientifiques s'intéressent aux comportements animaux, qui ont une façon différente de percevoir le monde. En 1975, le gouvernement chinois publie un texte à but didactique disponible ici .

Le comportement des animaux avant un séisme a fait l'objet d'une conférence internationale, organisée en 1976 aux Etats-Unis. Par ailleurs, des expériences en laboratoire confirment la capacité des animaux à pressentir les séismes. Ainsi, il a été établi que les souris sont sensibles aux signes avant-coureurs de rupture des roches soumises à une contrainte mécanique. Les raisons physiologiques de ce comportement restent pour l'instant inexpliquées, malgré l'existence de diverses hypothèses. Il n'a pas été déterminé à quels signaux les animaux sont sensibles ni par quel mécanisme.

En janvier 1975, à Yinkow, à 50km d'Haicheng, l'imminense d'un tremblement de terre semblait évidente par rapport au texte didactique chinois cité plus haut. Des déformations importantes du terrain ont été constatées, ainsi que de fortes variations des courants telluriques. L'eau des puits est devenue boueuse et parfois des jets artésiens ont été observés.

Les serpents sortirent de terre, alors recouverte de 50cm de neige et gelèrent ; les animaux domestiques devinrent très agités. Un séisme précurseur de magnitude 4,7 a également eu lieu le 4 fevrier à 7h51 du matin. A 14h, l'ordre d'évacuation est donné dans toute la région, un tremblement de terre majeur étant attendu dans les 48 heures. Et en effet, 5h30 plus tard, à 19h36 exactement, un tremblement de terre de magnitude 7,3 s'est produit, avec une intensité maximale de niveau IX sur l'echelle MSK : les maisons ont été totalement détruites dans un rayon de 20km autour de l'épicentre.

Durant le récent tremblement de terre dans la région indonésienne, ayant provoqué la mort de plus de 150.000 personnes, un comportement anormal des animaux, notamment des éléphants, a été remarqué. Un article publié sur le site yahoo.fr à ce propos est disponible ici.

La prédiction permet parfois de sauver des vies humaines, mais les destructions matérielles et les préjudices économiques sont toutefois toujours importants, d'où la nécessité des constructions parasismiques.

 

Prévention

La prévention est primordiale pour limiter le nombre de victimes lors d'un séisme, c'est un travail qui se fait en amont. Elle consiste à informer les habitants des zones à risques sur les réflexes à avoir le jour de la catastrophe. En effet, bien souvent la panique générale, provoquée par la soudaineté des secousses, gène l'arrivée et le bon fonctionnement des secours. Ainsi, l'éducation de la population permet de limiter les pertes humaines: on comprend alors mieux pourquoi dans les zones les plus touchées, la prévention est un objectif majeur des gouvernements.

Voici des exemples de préventions parasismiques faites auprès de la population japonaise lors des récents évènements de novembre 2004 à Niigata (dans le centre du Japon)

Matériel à prendre : une liste du matériel à prendre avec soi en cas de séisme important au Japon est disponible ici.

Les 10 règles de base officielles données par le gouvernement japonais sont les suivantes :

-Se protéger pendant les secousses.
-Si l'on sent une secousse, fermer toute source de chaleur. Si un feu se déclenche, l'éteindre rapidement.
-Ne pas se précipiter dehors.
-Ouvrir les portes ou une fenêtre pour ménager une voie de sortie.
-A l'extérieur, protéger sa tête et faire attention aux chutes de matériaux dangereux.
-Dans un magasin ou une salle de spectacles, écouter et suivre les consignes du personnel de l'établissement.
-En voiture, se garer sur le côté gauche. La conduite sera interdite dans certaines zones.
-Se méfier des chutes de pierres, des glissements de terrain et des tsunamis.
-Evacuer à pied, en n'emportant que le strict nécessaire.
-Savoir s'informer et prendre les bonnes décisions à partir d'informations correctes.

De plus, certains guides japonais enseignent sur la manière de ranger son appartement et de fixer les meubles pour éviter qu'ils tombent.

Ils conseillent notamment de stabiliser les étagères, les réfrigérateurs etc… (des fixations sont même vendues pour cet effet elles son appelées « tento boshi » )

Ils préconisent de ne rien laisser au-dessus des armoires et de renforcer les précautions contre la chute des éclairages et des glaces.

 

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